A quoi sert un surcroît de sagesse, pensa-t-il, si celui-ci n'est qu'appréhension du lendemain, ou perpétuelle expectative de l'évènement contraire ?
Les meilleures choses ont peut-être une fin. Mais elles ont aussi un commencement.
Alors, commençons d'être heureux.
Et soyons un peu moins sensibles à la force des choses, dont c'est la nature de perturber les horizons et d'éclipser pour un temps, un temps seulement, notre enthousiasme. Qu'importe au fond si le soleil n'est qu'un éphémère et dérisoire défi aux éléments, pourvu que l'on sache en apprécier la caresse et en gouter le baiser. Et si par le cycle des saisons le soleil se fait moins chaleureux ou plus rare, eh bien considérons que c'est par coquetterie. Où puiserait-on la joie débordante des retrouvailles s'il n'y avait pas de séparation ?
Jade et les sacrés mystères de la vie, F.GARAGNON