Quand vous vous réveillez le matin , parfois vous êtes tout ensoleillé de bonheur , tellement tellement que vous rayonnez . Et puis , la journée commence et vous rencontrez des gens qui ont dans la tête des nuages gris foncé qui filent à la queue-leu-leu. Ils sont si menaçants qu' on a l' impression qu' il suffit de les piquer légèrement pour qu' ils se déchainent en orages. Alors évidement , c' est pas facile de rester au beau fixe. Au bout d' un moment , vous êtes découragé. Vous avez l' impression de gâcher vos rayons de tendresse pour rien du tout. Et vous finissez par passez de l' autre cote – du coté des gens de mauvaises humeur. Vous vous dites: « Après tout , il n' y a pas de raison que je fasse des efforts, puisque personne n' en fait ! » C'est drôle : c' est comme s'il y avait plus de plaisir à se faire l' avocat du diable que le complice de Dieu. Il n' y a pas de justice.
Raph' dit que la mauvaise humeur , c' est comme la grippe: il suffit qu' il y en ait un qui l' 'ait pour que dix l' attrapent. Moi , ce que je comprends pas c' est qu' on arrive pas à contaminer les gens aussi avec la bonne humeur. Raph' m' a répondu que les maladies sont beaucoup plus faciles à transmettre que les B-attitudes comme le Beau , le Bon , le Bien. Pourtant , on est tous sous le même ciel , ça devrait suffire pour se tendre la main et se faire des tas de sourires qui réchauffent le cœur. Mon intuition féminine, elle me dit qu' il y a quelque chose qui flotte dans l' air , il y a une tentation. Mais les gens n' osent pas. Y z-osent pas sourire. Je sais pas pourquoi.
Pourtant , la règle du bonheur, c' est de toujours garder le sourire. Alors comme ça, avec Raph', on a décidé de faire des cures de bonne humeur. Il faut beaucoup jeûner: pendant des jours et des jours ,on décide de ne pas dire un seul mot vilain , méchant ou mal , et de ne voir que ce qui va bien. Même si on a des gros nuages gris foncé qui planent à l' intérieur , eh bien , c' est interdit de les faire pleuvoir , on n' a qu à regarder au-dessus , vous savez : la face qui est toujours tournée vers le soleil. Et quand on a du meli-melo dans la tête , et qu' on est en colère à cause de sa grisaille intérieure, il faut dire à M.le Bonheur: « Pardon de t' avoir blessé. J' ai regardé du mauvais côté... » Au début , c' est très-très difficile , parcequ' on aimerait se laisser aller dans ses humeurs. Et puis après , c' est drôlement bon : c' est comme le soleil qui commence à chauffer en plein hiver. Même si les autres sont d' un accueil glacial, eh bien on reste chaleureux, de toute la chaleur qu' on a accumulé pendant sa cure de bonne humeur.
C' est comme ça qu' on peut dessiner la vie avec du Beau , du Bon et du Bien , et faire qu' elle ressemble à une cathédrale plutôt qu' à une vieille cabane pourrie qui menace tous les jours de s' écrouler.
JADEet les sacrés mystères de la vie
