Le désir de vivre, il nous faut le cultiver, car parfois il vient à manquer. Au fur et à mesure que nous grandissons, s'installent les doutes, s'incarnent les peurs de ne pas être aimés : et le désir de vivre s'absente quand devient trop présent le mal d'être mal-aimé. Jamais certains de la place qui nous est accordée, comment nous accorder à nous-mêmes la place qui est celle de notre désir?
Si nous comprenons que ce qui nous est donné à vivre est ce que nous nous donnons à nous-mêmes l'opportunité de vivre, nous allons entretenir notre désir au lieu de le laisser s'amoindrir. Et ainsi le maintenir toujours vivant.
Mais si nous nous accrochons - le premier réflexe du bébé est le réflexe de préhension – au moindre geste d'amour qui nous est offert, notre vie dépend désormais de qui veut bien nous tendre la main. Ne va-t-il pas m'abandonner, me rejeter, me trahir, m'humilier? Nous souffrons de cette impuissance à maitriser un lien qui est pour nous source de vie; et plus nous en sommes dépendants, plus nous craignons de le perdre. Mais plus nous craignons de le perdre, plus nous en sommes dépendants.
Ne craignons plus de perdre l'amour : jamais plus il ne nous perdra.
La musique des anges, Catherine BENSAID