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    Quand nous vivons un deuil – après la disparition d'un être cher, une séparation, la perte d'un travail, d'un projet qui nous tenait à cœur -, au lieu de mettre toutes nos forces à lutter contre la souffrance et faire croire à une apparente insouciance, pleurons, pleurons tout notre saoul si nous en ressentons le besoin. Le temps que nous croyons gagner sur nos larmes, nous le perdons sur notre vie. Il ne s'agit pas d'éprouver du plaisir à se lamenter et à raviver ses blessures. Mais quand on se refuse à vivre sa douleur, on ajoute à sa peine par le fait de retenir ses pleurs. On ne laisse pas couler, s'écouler, le trop plein de chagrin qui étouffe notre cœur. Et on met tant d'énergie à refouler ses larmes, à contenir ses mots, que l'on se vide de ses forces. En acceptant d'être tristes, on se libère peu à peu de cette tristesse qui met un frein à notre vie.


    Ce temps nécessaire pour nous délivrer de notre chagrin, prenons-le. Pour nous, notre santé, notre survie. Volons-le, s'il le faut, aux attentes, aux exigences de notre entourage. Imposons-le à ceux qui opposent à nos maux une forme d'indifférence. Une indifférence qui n'est pas le fait d'une absence d'amour, mais d'une difficulté à bien nous entendre. Nous pouvons être « très entourés », accompagnés par la présence de ceux qui nous aiment, mais parmi ceux qui croient nous comprendre, peu ont véritablement conscience de ce que nous vivons. Peu ont l'art de la consolation, du mot qui calme et du geste qui rassure. Il ne faut pas leur en vouloir, ils sont incapables de s'apporter à eux-même le moindre secours, comment seraient-ils pour nous de quelques recours? Nous pouvons trouver pour nous-même les mots qui nous guérissent.


    Pour nous aider à trouver les mots qui nous font du bien, accueillons un temps notre douleur. Laissons-la vivre et exprimer ce que nous ne savons pas dire avec des mots: donnons-lui la parole. Alors, il se peut qu'elle s'en aille, tout doucement, ayant eu le temps et l'espace dont elle avait besoin pour se libérer. Si elle persiste, écoutons ce qu'elle a à nous dire : pourquoi une telle intensité,voire une telle violence dans son expression ? Qu'avons-nous vécu, vu, entendu qui l'ait éveillée, ou réveillée – même quand elle dort, elle n'est pas loin ? Si nous l'écoutons, nous apprenons peu à peu à la connaître; alors pouvons-nous lui répondre. Trouver les mots susceptibles de l'apaiser.


    Le temps nécessaire pour qu'elle cesse, nous l'ignorons; il faut être patients. La société, les autres, il est vrai ne laissent guère le temps de revenir sur ce qui est perdu, ce que l'on croit perdu. Les retours en arrières incessants sur ce qui nous a fait souffrir et nous fait encore souffrir ne vont pas dans le sens, au moins en apparence, de ce qui nous permettrait d'avancer. Or dénouer les fils de notre histoire nous fait progresser. Le passé ne devient passé que s'il est dépassé, digéré, assimilé.


    Chaque événement du quotidien a quelque chose à nous apprendre : toute expérience heureuse ou douloureuse est riche d'enseignement. Mais pour extraire cette richesse, il faut du temps, du calme, du silence. Ce temps peut être enrichi de l'expérience et de la parole d'un autre, de sa présence, de sa chaleur, de son amour. Mais c'est dans le silence de son temple intérieur que chacun pourra se poser les vraies questions et y répondre. L'écoute d'un autre est là pour nous permettre de mieux nous écouter.


     

    La musique des anges, Catherine BENSAID


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    Pour ne pas lutter sans cesse contre soi, il est préférable de remonter aux racines de son histoire et de regarder en face, au lieu de les nier ou de les fuir, ces petites morts qui empêchent de vivre.

    Comprendre les sentiments de rage, de haine, de rejet qui nous ont rendu malheureux dans notre enfance et qui sont là, toujours présents, malgré les années.

    Il ne faut plus craindre cette part de soi que l'on déteste : cet ennemi qui est en nous.


    Renier, refuser de reconnaître ce passé qui nous a modelés, bon gré mal gré, c'est prendre un temps inutile à vouloir gommer ce qui est indélébile. C'est, trop souvent, une fois les parents disparus que l'on peut apprécier ce qu'ils ont pu et su nous léguer. Sans attendre cet instant ultime, ne pourrions nous pas apprendre à accepter ce qu'ils sont et ce qu'ils ne sont pas ?

    A partir de là, il devient possible de construire, bâtir, faire sa route, loin, ailleurs, autrement .


    Je t'aime LA VIE, Catherine BENSAID


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    ÊTRE AUX ANGES

     

     

     

    Fais confiance en ce que tu es

    Et tu deviendras ce que tu veux être.

    Prends conscience de ta beauté et ta conscience sera belle.

    Revêts l'habit de la gloire et ta gloire sera éternelle.

    Toute ta force est en toi,

    Mais tu la perds à la croire en dehors de toi.

    Avance sans trop te préoccuper de qui tu es.

    Tu découvriras ton vrai visage au fil du temps.

    Sois qui tu es sans qu'il te soit besoin de savoir qui tu es.

    Sois, cela suffit. Cela est tout.

     

    La musique des Anges, Catherine BENSAID


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    Nous naissons, pour ainsi dire, provisoirement, quelque part ;

     c'est peu à peu que nous composons en nous le lieu de notre origine,

     pour y naître après coup, et chaque jour plus définitivement.


    RILKE, « lettres milanaises »

     

    extrait de : Je t'aime la Vie, Catherine BENSAID


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    Il est essentiel de se sentir compris,

     de la même manière qu'il est essentiel de comprendre pourquoi les autres agissent comme ils le font.

    On souffre bien moins d'un comportement en apparence moins aimant quant on en comprend les raisons.

     On ne pense plus en être l'unique responsable. D'où l'importance d'un vrai dialogue.

     

    Je t'aime la Vie, Catherine BENSAID


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